Le sourire de David se tordit. « Toujours le héros, hein, docteur ? Où étais-tu quand elle crevait de faim dans un motel ? »
La voix de Laura trembla. « S’il te plaît, David. Pars. »
« Pas sans mes gosses. »
« Tu as perdu ce droit », dit Alex froidement. « La nuit où tu as levé la main sur elle. »
La bouche de David s’ouvrit, puis se referma. Son arrogance se fendilla. Il marmonna une menace et s’éclipsa.
Laura retomba, épuisée. Alex lui prit la main. « C’est fini. »
Elle sourit faiblement. « Pour l’instant. Mais promets-moi, Alex — garde-les ensemble. Ne les laisse pas grandir seuls. »
« Je te le promets », dit-il d’une voix brisée.
# VIII. La promesse
Laura s’éteignit paisiblement dans son sommeil deux semaines plus tard, la main d’Emma dans la sienne. Ses derniers mots furent doux comme la neige qui tombe :
« L’amour… est la seule chose qui vaille la peine d’être portée à travers le froid. »
Alex l’enterra au pied d’un bouleau, face au lac gelé qu’elle avait jadis aimé. Chaque matin, il apportait du café et lui parlait comme si elle était encore là.
Le manoir changea. Le silence céda la place aux rires. Emma, désormais âgée de six ans, courait après ses frères dans les couloirs tandis que les pâtisseries de Maria emplissaient l’air de cannelle. Les pièces, jadis creuses, vivaient de nouveau — de dessins, de jouets, et de petits pas pressés.
# IX. Le retour des lumières
